Une église dédiée à Saint-Martin

Bien que St Côme et St Damien aient été fêtés à Liorac le 26 septembre (c'est l'origine de la fête à Liorac), l'église est dédiée à Saint-Martin, comme il est indiqué sur les anciens registres paroissiaux (1668 et suivants). Voici ci-dessous l'entête du registre de la paroisse en 1670, sur laquelle on peut lire simultanément Saint Martin de "Liourat" et Saint Martin de "Liorat". Rappelons qu'à cette époque il n'y avait pas d'orthographe et qu'on écrivait ce que l'on entendait !

Il s'agit de Saint Martin de Tours. Il naquit en 316, en Hongrie de parents païens. Il passa sa jeunesse en Italie, où son père était militaire dans l'armée romaine. Vers l'âge de quinze ans, il fut enrôlé dans l'armée romaine, et fit son service dans la cavalerie. En 337, en garnison en France, il partagea son manteau avec un pauvre qui mourait de froid. Ayant eu la révélation de la foi, il se convertit au christianisme, quitta l'armée romaine et se mit au service d'Hilaire, évêque de Poitiers. Il s'installa comme ermite près de Poitiers. Enlevé par les Tourangeaux qui voulaient en faire leur évêque, Martin fut élu évêque de Tours le 4 Juillet 371. Il créa le monastère de Marmoutier, près de Tours, et fonda les premières églises rurales de la Gaule. Saint Martin mourut en 397 et fut enterré à Tours.

Il est intéressant de noter que le vocable de Saint Martin est fréquent en Dordogne. Jean-Claude Ignace (SHAP 1992), a en effet compté dans le département 70 églises dédiées à Saint Martin de Tours. L'étude systématique de ces églises a permis à l'auteur de mettre en évidence leurs points communs et sa conclusion est que les lieux martiniens correspondent à des lieux très anciennement peuplés :
"La grande majorité des lieux martiniens sont latins ou visigothiques. Et un grand nombre d'églises, dédiées à Saint-Martin, sont implantées près d'établissements humains gallo-romains: passage d'une voie romaine,... présence d'un vicus ..., existence d'une villa ... La continuité entre l'occupation gallo-romaine et la paroisse martinienne apparait comme une règle à peu près générale dans le diocèse de Périgueux. La grande majorité des églises martiniennes, celles des bourgs et des grands domaines, s'échelonnent du VIIe au VIIIe siècle, au moment où sous d'effet d'un premier essor démographique on assiste à la multiplication des églises rurales. ... On ne peut bien sûr exclure des créations plus récentes, malgré un certain déclin du culte de Saint Martin à partir de l'époque carolingienne."
Liorac semble parfaitement s'inscrire dans cette description générale: l'existence de la voie romaine est clairement attestée, la présence d'une villa gallo-romaine est probable. Bien sûr les parties les plus anciennes de l'église actuelle ne datent que du XIIème siècle, mais il n'est pas impossible qu'un sanctuaire plus ancien ait existé avant sa construction, mais cela reste une hypothèse ...

@ Marie-France Castang-Coutou - postmaster*liorac.info (remplacer l'étoile par @)